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vendredi 6 avril 2007

Les experts du climat aboutissent à la publication d'un rapport alarmant

Les experts du climat ont publié vendredi à Bruxelles un diagnostic alarmant des impacts du réchauffement climatique, à l'issue d'une nuit de discussions où plusieurs pays - États-Unis, Chine notamment - ont contesté leurs conclusions.

"Nous avons juste terminé une réunion marathon, c'était productif, mais fatigant", a conclu, soulagé le président du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC), Rajendra Pachauri, lors d'une conférence de presse retardée d'une demi-heure.

Au-delà de 2 à 3 degrés supplémentaires par rapport à 1990, le réchauffement climatique aura des impacts négatifs sur toutes les régions, a prévenu vendredi le GIEC.

D'ici 2080, estiment les experts dans leur rapport de 1.400 pages, jusqu'à 3,2 milliards d'humains seront exposés à des pénuries d'eau sévère et 600 millions à la faim en raison des sécheressses, de la dégradation et de la salinisation des sols.

" 20 à 30 % " d'espèces menacées

Chaque année, deux à sept millions de personnes supplémentaires pourraient subir des inondations, notamment sur les côtes où la pression démographique s'accentue et dans les grands deltas d'Afrique de l'Ouest, d'Asie ou du Mississipi.

Les "populations pauvres, même dans des sociétés prospères, sont les plus vulnérables au changement climatique, ont souligné les experts lors de la conférence de presse vendredi.

"Ceci requiert notre attention, car les plus pauvres sont aussi les moins aptes à s'adapter", a commenté Rajendra Pachauri.

Les scientifiques ont prévenu que toutes les formes de vie sur terre seront affectées: "de 20 à 30 % des espèces végétales et animales connaîtront un risque croissant d'extinction si les augmentations de la température mondiale dépassent 1,5 à 2,5°C" par rapport à 1990, indique le rapport.

La Chine conteste


"Il y a maintenant sur tous les continents des signes du changement climatique qui affectent les animaux et les plantes et nous en avons la preuve", a souligné Martin Parry, coprésident du groupe de travail du Giec sur les impacts du réchauffement, devant la presse.

La Chine, l'Arabie saoudite, la Russie et les Etats-Unis ont contesté certains paragraphes du "résumé pour les décideurs", un texte d'une vingtaine de pages qui synthétise à l'intention des gouvernements de la planète les 1.400 pages du rapport.

La Chine s'est ainsi opposée à un paragraphe soulignant "le risque très élevé (...) que de nombreux systèmes naturels soient affectés par les changements climatiques", selon une source proche des discussions.

La délégation chinoise a contesté les bases scientifiques du caractère "très élevé" du risque, selon cette source.

Les États-Unis obtiennent l'élimination d'un paragraphe


En réponse, un groupe de scientifiques a remis un lettre de protestation à la présidente du groupe II du Giec, l'Américaine Sharon Hays, en faisant valoir que son degré de confiance élevé était scientifiquement établi.

Par ailleurs, les États-Unis ont demandé et obtenu l'élimination d'un paragraphe indiquant que l'Amérique du Nord "devrait être localement confrontée à de graves dommages économiques et à des perturbations substantielles de son système socio-économique et culturel", selon un observateur des négociations.

"C'est la première fois que la science est ainsi mise en cause par les politiques", a remarqué un délégué dont les propos étaient rapportés par un autre participant.

Selon le premier volet de ce 4ème rapport du GIEC, publié en février à Paris, la température moyenne de la terre pourrait gagner 1,1 à 6,4°C d'ici 2100 par rapport à 1990, avec une "meilleure moyenne possible" de 2 à 4°C en vertu des scénarios socio-économiques envisagés.

Source: nouvelObs, AFP


vendredi 23 mars 2007

Nucléaire : L’ONE négocie avec les Russes

Quatre experts de la compagnie étatique russe Atomstroyexport sont arrivés au Maroc hier lundi 19 mars pour entamer des discussions avec l’ONE. Il est question d’une centrale nucléaire à Sidi Boulbra.

Une certaine opacité entoure le dossier du nucléaire marocain. Alors que la plupart des médias russes affirmaient avec l’agence Ria Novosti, que les experts et dirigeants de la société russe Atomstroyexport devraient entamer des négociations avec l’ONE au sujet de la construction d’une centrale nucléaire à Sidi Boulbra, et que le quotidien espagnol El Pais consacrait sa Une au sujet, au Maroc c’est motus et bouche cousue auprès des responsables nationaux. «Le département de l’Energie n’est au courant de rien», rétorque Mohamed Boutaleb, confirmant par là que son ministère est bel et bien maintenu à l’écart par rapport à ce dossier. Le même ministre avait affirmé récemment que «le Maroc encourage l’utilisation des technologies nucléaires à des fins pacifiques, et dans des secteurs vitaux, comme la médecine, l’agriculture, l’hydrologie et la recherche scientifique» lors de la clôture de la conférence internationale organisée par le Groupement marocain de la technologie des réacteurs (GMTR).

Du côté de l’ONE, dont le directeur général avait effectué une discrète tournée en russie durant le mois de septembre 2006, l’on confirme la visite de techniciens de la compagnie russe : des discussions ont eu lieu avec des techniciens de l’ONE sur le volet életronucléaire.

Le directeur général de l’ONE, Younès Maâmar, n’a pas assisté à cette rencontre, étant en déplacement. La discrétion de l’ONE s’explique certainement par la sensibilité du projet, ce qui ne géne pas outre mesure les dirigeants d’Atomstroyexport, dont certains étaient du voyage de Vladmir Poutine lorsque celui-ci était venu au Maroc. Atomstroyexport reste actuellement la plus grande compagnie russe mettant en œuvre des accords intergouvernementaux sur la construction de sites nucléaires à l’étranger. Elle est actuellement en négociations des pays dont la Turquie. De même elle construit sept réacteurs en Chine, en Inde, en Iran et en Bulgarie.

Les discussions avec le Maroc auraient commencé depuis l’été dernier. A en croire les responsables de cette société, cités par l'agence Ria Novosty, une délégation de l'ONE avait tenue une série de réunions, le 30 août 2006 à Moscou, avec des représentants de l'agence fédérale russe d'énergie nucléaire et avec ceux de trois sociétés opérant dans le domaine: Atomstroiexport, TVEL et Rosenergoatom..

Selon l’agence russe Interfax, les représentants du constructeur des centrales nucléaires russe aborderont avec l’ONE des caractéristiques techniques et du coût financier du projet. La même agence citant des sources appartenant au consortium étatique russe, indique que si le site a été identifié, en revanche il reste à déterminer le type de réacteur dont aura besoin le Maroc. Dans tous les cas, la centrale devrait voir le jour entre 2016 et 2017.

Pour la plupart des opérateurs membres de la Fédération de l’énergie, le nucléaire pourrait être une réponse peu coûteuse à la croissance de 8 à 10% de la demande en électricité que connaît le Maroc. A rappeler que le Maroc dispose déjà, depuis 1980, d'un réacteur nucléaire d'une puissance limitée à deux mégawatts, destiné principalement à la recherche médicale.

Source : Aujourd'hui Le Maroc

Commentaire personnel :

"Le nucléaire au Maroc !" L'information est tellement insensée qu'on en vient presque à douter de sa véracité. Pourtant la construction de centrale nucléaires au Maroc n'est pas une si mauvaise idée.
Lorsqu'on parle de nucléaire, la plupart des marocains pensent immédiatement à la bombe qui a détuit Hiroshima en 1945. A priori, le nucléaire incarnerait le danger chez le marocain lambda. L'energie nucléaire est ainsi éclipsée à cause de cet évènement unique.
L'énergie nucléaire est une énergie d'avenir car nonobstant le coût élevé des installations initiales, elle a un rendement énergétique des plus élevés, à même, à moyen terme, de rentabiliser l'investissemmment initial. Et compte tenu du contexte économique actuel, marqué par la montée inévitable du prix du pétrole, l'énergie nucléaire paraît de plus en plus comme une bonne alternative aux énergies fossiles, économiquement parlant. De plus, nous n'aurons plus le choix dans - au plus - 50 ans car le prix du pétrole augmentera tellement que la pénurie énergétique menacera tout les pays qui n'ont pas les moyens de se le procurer.
Du point de vue écologique , l'énergie nucléaire présente des avantages indéniables. Car contrairement à un préjugé tenace, le nucléaire n'émet aucun gaz à effet de serre, ce qui n'est pas le cas des énergies fossiles. Et quand on sait que ce sont ces dernières qui sont responsables du réchauffement climatique prédit par les scientifiques...
"Il ne peut pas y avoir que des avantages !" me diriez-vous. Effectivement, un petit bémol entache le dossier du nucléaire : ce sont les déchets nucléaires. En effet, une petite partie de ces déchets est difficile à stocker en raison de sa radioactivité. Mais la technologie de stockage s'améliore et la solution à ce problème est constamment cherchée par les scientifiques.

Pour revenir à l'actualité, je trouve que c'est une très bonne initiative de la part de l'ONE qui prouve ainsi sa capacité d'anticipation, car cette dernière constitue l'essentiel du travail en matière d'énergie.

mardi 20 mars 2007

France : Douze candidats en lice pour la présidentielle 2007

Douze candidats, dont José Bové qualifié in extremis, seront en lice pour l'élection présidentielle de 2007, a annoncé lundi le Conseil constitutionnel.

Jean-Louis Debré, président de cette institution, a proclamé la liste officielle à l'issue d'un intense travail de vérification et validation des parrainages au siège du Conseil, au Palais Royal à Paris. Les sages, qui avaient reçu quelque 16.900 formulaires, en a validé 16.615. Ils en ont donc écarté à peu près 300, incomplets ou incorrects.

Beaucoup moins de la moitié des 42.000 parrains potentiels (maires, parlementaires...) ont accepté de "présenter" un postulant à l'Elysée. M. Debré a précisé que "30 personnes avaient fait l'objet d'au moins un parrainage valide". Au fil des mois, près de 50 personnes avaient, à des degrés divers, fait acte de candidature. Des recours concernant ces parrainages sont possibles jusqu'à mercredi minuit. En 2002, les sages en avaient reçu 4.

Un tirage au sort a été également effectué au Conseil constitutionnel, pour déterminer l'ordre des panneaux d'affichage électoral officiels. Chaque sage a tour à tour tiré un nom (sauf le président). Quatre en ont tiré deux. Le hasard a placé en tête le jeune postier LCR Olivier Besancenot et en dernier le champion UMP Nicolas Sarkozy.

La liste dans l'ordre officiel est: Olivier Besancenot (Ligue Communiste Révolutionnaire), Marie-George Buffet (PCF), Gérard Schivardi ("candidat des maires", soutenu par le Parti des Travailleurs), François Bayrou (UDF), José Bové (altermondialiste), Dominique Voynet (Verts), Philippe de Villiers (Mouvement pour la France), Ségolène Royal (PS), Frédéric Nihous (Chasse, pêche nature et traditions), Jean-Marie Le Pen (Front national), Arlette Laguiller (Lutte Ouvrière), Nicolas Sarkozy (UMP).

Les candidats sont moins nombreux que le record de 16 établi en 2002.

Trois candidats se situent à droite (Le Pen, Sarkozy, Villiers), deux (Bayrou, Nihous) affirment vouloir dépasser le clivage, les sept autres se positionnent à gauche. Pas moins de 5 se réclament de la gauche radicale, une exception française. Six postulent pour la première fois: Buffet, Schivardi, Bové, Royal, Nihous, Sarkozy. Entamant sa sixième campagne, Laguiller a le record de participations.

Jusqu'au bout, Bové est resté incertain. Une de ses 504 signatures a même été invalidée, selon de bonnes sources. Quatre femmes se présentent, un tiers du total, proportion jamais atteinte. Surtout, pour la première fois, l'une d'elles, la socialiste Royal, présentée par un parti majeur, peut gagner.

La collecte des parrainages requis a été compliquée pour les "petits" candidats alors que pour Bayrou, Royal, Sarkozy, Buffet, appuyés par des formations disposant de nombreux élus, elle n'était qu'une formalité. Les difficultés des autres, notamment de Jean-Marie Le Pen, pourtant finaliste de la présidentielle de 2002, ont déclenché une réflexion sur une réforme du système. Le débat avait alimenté un feuilleton en 2002 autour de la candidature du président du FN. La publication de la liste officielle, mardi au JO, ouvrira une phase nouvelle, qualifiée d'"intermédiaire" par le Conseil supérieur de l'audiovisuel: chaque participant devra bénéficier d'un temps de parole égal sur les radios et télévisions publiques et privées.

Cette phase durera jusqu'à l'ouverture de la campagne officielle le 9 avril.

Source : nouvelObs

vendredi 16 mars 2007

Dangereuse spirale

Après le choc des attentats du 16 mai, l’Etat s’est solennellement engagé à éradiquer ces baraques de la honte d’où est sortie la douzaine de kamikazes.
Quatre ans plus tard, rien n’a été fait ou presque dans les banlieues paupérisées de Casablanca, terreau fertile de la terreur. Dans les bidonvilles de Sekouila et de Kariane Thomas, la situation est toujours aussi invivable. On n’a pas compté une seule masure démantelée. Aux habitants dépités, on a consacré quatre recensements et fait des promesses non tenues. En clair, on leur a tourné le dos et préféré l’approche sécuritaire qui montre aujourd’hui ses limites. Résultat, non seulement les déçus se radicalisent davantage, mais pire, ceux raflés en masse en 2003 (dont certains ont été graciés comme Abdellfatah Raydi, l’auteur du dernier attentat manqué) iront grossir un jour les rangs des candidats au Jihad. Pourquoi l’Etat parait-il si désarmé face à la misère rampante ? La réponse se trouve très certainement dans les défaillances de sa stratégie de développement humain. Et sur ce plan, contrairement aux idées reçues, le Maroc est à la traîne. Un tout récent rapport des Nations Unies vient le confirmer : Lors du sommet du millénaire organisé par l’ONU en septembre 2000, huit objectifs de développement (connus sous l’acronyme OMD) ont été fixés pour 2015 à un certain nombre de pays, dont le Maroc. Ils portent essentiellement sur un fléchissement de moitié de la pauvreté, la généralisation de l’éducation de base, la réduction de la mortalité infantile, la promotion de l’égalité des sexes etc… Afin d’évaluer la performance du Maroc et d’évaluer la dynamique de ses réalisations pour cette batterie d’indicateurs sociaux, les Nations Unies ont réalisé une étude comparative avec un groupe de pays aux économies similaires comme la Tunisie, l’Algérie, ou encore le Sénégal. Sur les six domaines analysés, les conclusions sont inquiétantes pour le royaume. Si les tendances actuelles se confirmaient à l’horizon 2015, le Maroc n’atteindrait pas la plupart des OMD fixés il y a de cela sept ans. Pour le seul chantier de la lutte contre la pauvreté, le Maroc affiche un taux médiocre de 14,2% contre les 21% relevés au début de la décennie 90, alors que la Tunisie a déjà fait l’essentiel du chemin en réduisant pratiquement de 50% son taux de pauvreté entre 1990 et 2000.
Pour ce qui est du taux d’analphabétisme, le Maroc est dans une situation plus qu’alarmante : pas moins d’un Marocain sur deux ne sait ni lire, ni écrire, ce qui le relègue au niveau des pays les moins avancés de la planète et la tendance est très loin de s’inverser. Ces constats renseignent sur au moins une évidence majeure : la politique du pays en matière sociale est inopérante, ce qui veut dire que l’effort consenti est bien en deçà du minimum acceptable. Les réalisations affichées par le régime sont non seulement insuffisantes et souvent mal orientées, mais (et ce que révèle avec acuité ce rapport) pâtissent d’une cadence trop lente pour faire émerger le pays.
Cette situation rappelle en réalité les carences de l’ancien régime. Sous Hassan II, des réalisations ont été faites mais le bilan global de son règne a été émaillé de révoltes urbaines et d’irruptions sociales dramatiques. Aujourd’hui (le rapport onusien l’atteste), les mêmes travers risquent de se répéter dans un environnement mondial encore plus torturé par la mondialisation. L’urgence est donc là. Les promesses de mesures comme celles inscrites dans les programmes hétéroclites de l’INDH (pour ne citer que cet aspect du développement humain) sont donc à réviser de fond en comble. A défaut, l’enlisement du Maroc dans la misère se traduira inexorablement par un chapelet incessant de 16 mai.

Par Ali Amar pour Le Journal Hebdomadaire (n°294)

Commentaire personnel :

Bien que le lien entre le terrorisme et le sous-développement soit connu et reconnu par tout le monde, cet excellent éditorial relie ces deux phénomènes en s'appuyant sur des statistiques de l'ONU, fidèle à la tradition du Journal Hebdo. Malheureusement, les officiels ne voient pas l'affaire de cet oeil et n'ont rien fait de concret depuis 2003 pour endiguer le terrorisme en éradiquant ses causes, à savoir en premier lieu la pauvreté.

jeudi 15 mars 2007

La Chine révèle son ambitieux nouveau programme spatial

Dans le cadre de son 11ème Plan quinquennal, la Chine vient de dévoiler son nouveau programme spatial qui ambitionne non seulement le lancement des premiers satellites astronomiques du pays, mais aussi une coopération internationale plus étendue.

Coopération

Dans cette optique, l'agence spatiale chinoise projette avec la Russie une mission commune automatique vers la planète Mars, qui comprendra un atterrissage et un retour d'échantillons, mais aussi l'exploration in situ d'un des deux satellites naturels Phobos ou Deimos.

Toujours avec la Russie, la Chine travaille au projet WSO/UV (World Space Observatory/Ultraviolet), un télescope spatial de 170 cm travaillant dans les longueurs d'onde de 100 - 320 nanomètres qui échappent aux observatoires terrestres. Il s'agit en fait d'une coopération internationale impliquant 16 pays dont la Russie occupe le premier rôle, la Chine étant en charge de construire le spectromètre embarqué, cœur du système.

Un autre projet non moins ambitieux est le SMESE (Small Explorer for Solar Eruptions), une coopération sino-française destinée à observer les éruptions solaires et les éjections de masse coronales durant la prochaine phase de maximum solaire en 2011.

Le plan n'a pas encore déterminé de calendrier précis pour ces trois projets, qui sont cependant déjà en phase préparatoire et dont la conception est pratiquement définie.

Satellites scientifiques chinois

La Chine prépare aussi un satellite astronomique d'observation en rayons X, dont le lancement est prévu en 2010. Celui-ci sera essentiellement consacré à l'étude des trous noirs et de leur environnement, un des domaines les moins connus de l'astrophysique. Les scientifiques espèrent que ce nouvel outil leur permettra de faire des percées significatives dans ce domaine. Ce programme sera précédé par l'envoi, en 2009, de l'observatoire astronomique Spectr-UF, un télescope ultraviolet réalisé conjointement avec la Russie.

Enfin, Wang Chunping, membre du CCPPC (Conférence consultative politique du Peuple chinois), confirme l'intention de la Chine d'envoyer une sonde vers la Lune cette année, et une nouvelle mission habitée en orbite terrestre en 2008.

Selon le Plan, la Chine concentrera essentiellement ses efforts sur le développement durable de la science spatiale au bénéfice de l'économie du pays et de la sécurité nationale, avec pour ambition de devenir un "grand pays novateur".

Source : Futura-sciences

Commentaire personnel :


A mon avis ce programme constitue une très importante avancée dans l'aventure spatiale. Car pour la première fois, l'agence spatiale chinoise (CNSA) montre qu'elle a une ambition et une volonté très fortes de concurrencer les autres agences spatiales telles que la JAXA japonaise, l'ESA européenne ou encore la NASA américaine. Cela confirme que la Chine projette de devenir une influente puissance spatiale et même de se substituer aux États-Unis tant sur les missions scientifiques que sur l'exploration humaine, même si sur ce dernier domaine elle n'a pas encore de projet d'envergure importante. En fait, c'est une sage décision que de limiter la conquête spatiale humaine au profit des missions scientifiques. car la route du retour humain sur la Lune est semée d'embuches, puisque même les États-Unis rencontrent actuellement des difficultés sur son programme lunaire (Voir cet article). La Chine cherchera aussi à nouer des alliances avec l'agence spatiale russe ou l'ESA.
Bref, le monopole spatial des États-Unis est menacée par l'entrée de la Chine qui risque, comme à son habitude, de boulverser l'ordre dans le domaine de la conquête spatiale.

samedi 10 mars 2007

Le 28ème choix

Oui, il faut voter. Mais il ne faut pas se leurrer non plus : ça n’a qu’une portée symbolique.

L’association 2007 Daba a publié un fascicule engagé, tiré à 500 000 exemplaires et intitulé “Guide du citoyen”. Objectif : sensibiliser à l’importance du vote et donc lutter – par ricochet – contre l’absentéisme électoral. 2007 Daba l’avoue avec une lucidité qu’il faut saluer : “Aujourd’hui, le constat est alarmant : les Marocaines et les Marocains, dans leur majorité, se désintéressent des élections”. Lutter contre ce désintérêt est un objectif noble, qui participe sans aucun doute à la démocratisation du Maroc. Le Guide citoyen propose donc, “pour que chacun puisse exprimer son choix en toute connaissance de cause”, une ample présentation des 27 partis politiques qui cherchent à vous séduire. Ça vous fait donc 27 choix possibles. Et c’est là où je ne suis plus d’accord avec la démarche.

Au Maroc, le militantisme institutionnel a une (grosse) limite : celle de la crédibilité des institutions qu’il promeut. Pourquoi voterons-nous, le 7 septembre ? Pour envoyer 325 nouveaux représentants au Parlement, oui, mais au-delà ? Dixit le Guide citoyen, “c’est en votant et en choisissant leurs représentants que les citoyennes et citoyens influent sur le développement économique et social de leur pays”. Avec tout mon respect pour M. Noureddine Ayouch, acteur associatif de premier plan et animateur en chef de 2007 Daba, je n’en crois pas un mot. Dans la mesure où le Maroc est une monarchie absolue de droit divin, de par la force de la Constitution, c’est au Palais royal, et nulle part ailleurs, que se décident le rythme et les modalités du développement. Si développement il y a. Hormis quelques ministres qui se comptent sur les doigts d’une main, et qui n’ont qu’un rapport très équivoque avec les partis dont ils portent formellement les couleurs, le gouvernement ne joue pour ainsi dire aucun rôle dans le développement de ce pays. Il se contente de coiffer une administration qui tournerait tout aussi bien (c’est une image) sans lui. Et qui, dans le meilleur des cas, n’entrave pas (trop) la dynamique de développement impulsée par une poignée de technocrates, “colorés” ou pas, en étroite liaison avec le seul véritable cercle d’influence de ce pays : l’entourage royal. Quant au Parlement, il vaut mieux en rire. Pourriez-vous, chère lectrice, cher lecteur, citer une seule loi qui vous ait marqué(e), et qui ait été initiée par des députés ? Moi non plus. Les seules lois sérieuses (mais pas forcément pertinentes) qui sont votées à l’hémicycle proviennent à tous les coups du crypto-makhzénien Secrétariat général du gouvernement, d’un ministre proche du Palais ou, sans détours, du Palais lui-même. Voilà le véritable mode de fonctionnement du régime marocain. Les élections n’y changeront rien – et c’est justement pour ça que les Marocaines et les Marocains s’en désintéressent.

Oui, il faut voter. Mais il ne faut pas se leurrer non plus. En l’état actuel des choses, la seule portée du vote est d’ordre symbolique : il s’agit, en quelque sorte, d’un acte de foi en le principe démocratique. Et pourquoi pas d’un acte d’espoir, signifiant que nous aimerions voir (un jour) ce principe pleinement appliqué au Maroc. Sans bouffonnerie. D’ici là, si je puis me permettre, moi aussi, d’y aller de ma suggestion citoyenne : et si on votait blanc ? C’est le 28ème choix, le seul pertinent, à mon humble opinion. Imaginez un seul instant que des associations aussi dynamiques, vertueuses et richement dotées que 2007 Daba fassent la promotion du vote blanc, en tant que geste démocratique. Et y mettent les mêmes moyens formidables. Je mettrais ma main à couper que le “parti blanc” emporterait les élections haut la main, peut-être même à la majorité absolue des votes. Ça, ce serait un message. Et pour une fois, c’est le peuple qui inviterait l’élite à réfléchir...

Editorial de Ahmed R. Benchemsi pour Telquel (n°264)

Commentaire personnel :

Effectivement, l'écrasante majorité des marocains ne votent pas et se désintéressent carrément des élections, à cause de la portée symbolique du vote. Cependant , je ne suis pas d'accord avec Mr Benchemsi sur le fait que ceux qui ne votent pas habituellement voteraient blanc, car en raisonnant de la même manière que précédemment, il diront que personne ne prêtera attention à leur vote blanc. En tout cas, avant de nous inciter à voter, les partis devraient nous montrer de quoi ils sont capables en tant que force de proposition.

jeudi 1 mars 2007

L'Union du Mensonge Arabe

Selon Benaïssa, la “zone maghrébine de libre-échange”, c’est pour bientôt.

ça vous a peut-être échappé mais samedi dernier, on fêtait un évènement considérable : le 18ème anniversaire de l’Union du Maghreb Arabe (UMA). Comme chaque année en pareille occasion, les chefs d’Etat frères y sont allés de leurs messages unionistes. Ainsi, le Marocain Mohammed VI a appelé à déclencher une “dynamique d’intégration du Maghreb”, tandis que le Tunisien Ben Ali réaffirmait sa “détermination à poursuivre la construction de l’UMA”. Notons que l’Algérien, le Libyen et le Mauritanien n’ont rien dit de spécial, cette année. Bouteflika avait bien déclaré, il y a quelques mois, sa “ferme volonté de consolider l’UMA”. Mais il n’a pas pipé mot autour de la journée d’anniversaire, le 17 février. Il faut dire que la conjoncture ne s’y prêtait pas : deux jours plus tard, les dirigeants de l’improbable république sahraouie (qui ne bougent pas une oreille sans l’autorisation d’Alger) annonçaient la tenue prochaine d’une “conférence internationale de solidarité avec le peuple sahraoui à Tifariti” – soit, de notre point de vue, en plein territoire (officiellement) marocain. Il a beau être capable de toutes les audaces, chanter l’union du Maghreb tout en lui plantant un couteau dans le dos, ça, Boutef n’a pas osé.

L’Algérie était tout de même représentée, aux côtés des quatre autres pays de l’UMA, le 10 février, lors d’une rencontre interministérielle à Rabat. Une rencontre à l’issue de laquelle notre ineffable ministre des Affaires étrangères a déclaré sans rire : “Les négociations concernant la création d’une zone maghrébine de libre-échange ont connu de grandes avancées”. L’ami Benaïssa a juste occulté un détail : la frontière algéro-marocaine est toujours fermée, et des soldats en armes patrouillent farouchement des deux côtés, le doigt sur la gâchette, depuis maintenant treize ans. Pour faire du libre-échange, c’est quand même un peu gênant.

Quand elle a été créée (si on ose dire) en 1989, l’Union du Maghreb Arabe s’était fixé pour but de “construire un ensemble uni et intégré sur les plans politique et économique”. Une belle idée, mais qui n’engageait que ceux qui voulaient bien y croire. Apparemment, les cinq chefs d’Etat concernés n’y ont jamais cru.

Et déjà, pourquoi cinq ? Historiquement, le Maghreb (passons sur le qualificatif arbitraire d’“arabe”, qui occulte scandaleusement sa part d’amazighité), c’est le Maroc, l’Algérie et la Tunisie. Point final. La Mauritanie et la Libye n’avaient été invitées à la fête que parce que, à l’époque, ça arrangeait les affaires de Hassan II, qui coupait ainsi le Polisario de deux de ses principaux soutiens. La conjoncture a évidemment beaucoup changé, depuis. Mais les “Arabes” sont ainsi : la conjoncture passe mieux quand on la grime en structure. Même si ça ne rime à rien sur le terrain. Qu’y a-t-il de commun, on se le demande, entre la richissime pétro-jamahiriya libyenne, “guidée” depuis 38 ans par un colonel ubuesque, et la miséreuse république islamique de Mauritanie, toujours au bord du coup d’Etat et officiellement classée parmi les pays les moins avancés au monde ? Et même le “Maghreb central”, parlons-en : entre une monarchie absolue vaguement parlementaire, un trouble régime militaro-présidentiel et une grossière dictature policière, bien malin qui décèlerait une quelconque harmonie…

Ça n’empêche pas les déclarations lyriques récurrentes sur l’UMA, son indéniable réalité et ses riantes perspectives. Officieusement, les responsables des cinq bords appellent ça de la diplomatie. Dans le Petit Robert, “diplomatie” renvoie à “doigté”, “finesse”, ou encore “tact”. Pas à “fumisterie” ni à “surréalisme”, et encore moins à “mensonge éhonté”. Un point commun aux pays du “Maghreb uni” ? Ne cherchons plus : les citoyens y sont unanimement considérés comme des crétins.

Editorial de Ahmed R. Benchemsi pour Telquel (n° 262)

Commentaire personnel:

Très bon éditorial de Mr Benchemsi, comme d'habitude. Il souligne avec un style satirique empreint d'ironie les contradictions entres les positions officielles et la réalité de l'Union du Maghreb Arabe, à savoir qu'aucune union entre les pays de Maghreb ne peut-être effective tant que des problèmes politiques et idéologiques subsistent. Cet édito rappelle aussi la disparité des régimes des pays du Maghreb, ce qui constitue un frein sérieux à toute tentative de rapprochement. Hélas, car en théorie, les peuples sont unis par des caractéristiques socio-culturelles, telle que les langues communes (arabe et amazighe).